Les mouvements de l’amour
Combien d’amours évanouies…
Mon souffle sur leur poussière
A peine une brise, un accent,
Une émotion qui m’enlace
Étrange pouvoir de la mémoire
De mêler un instant à un autre
De préserver la douceur et l’accord
De mains unies et de désirs tremblants
Lumière fragile qui pourtant
Jamais ne s’étiole ou ne s’éteint
Surprenant itinéraire des mots
Du ciel à l’eau du fleuve
Vrai et faux le souvenir
Et son reflet dans mon regard
Je t’y voyais et je t’y vois encore
Lequel ai-je le plus aimé ?
Pas de réponse à qui veut compter
J’ai aimé, j’aime et j’aimerai
Aimer est de tous les temps
De toute ivresse et de toute nausée
Je suis encore le frisson inégalé
De tes mots si près de ma peau
Tu es encore le souffle imprononcé
Qui m'échappait si près de tes lèvres
Entre des draps froissés
Vous somnolez encore
Vous éveillant parfois
Quand ma mémoire vous cherche
Et ne trouve de vous
Que le meilleur et l’absolu
Jamais les heures douloureuses
Qui ont séparé nos chemins
O tendresse de la mémoire
Qui me penche sur vous
Pour vous restituer des brassées
Aux couleurs changeantes et définitives
O paresse de ma mémoire
Ne sachant retenir vos absences
Nous avons partagé des lunes bleues
Et des soleils sans fards
Nous avons mêlé nos désirs
Pour n’en créer qu'un seul
Parlé aux arbres et aux chemins
Préservé l’espoir pour les jours qui viendraient
Nous avons couru et puis marché
Nous avons ri et parfois pleuré
Nous nous sommes croisés un soir
Parfois nous nous sommes attardés
Un, une et multiples
J’ai connu de chacun de vous
L’essentiel et le fragile
L’éternel et le futile
Ma mémoire jamais ne vous appelle
Vous êtes là, insondables présences
Qui me lient à moi-même et à demain
Inlassable mouvement de la Vie
Où que vous soyez désormais
L’amour partagé, lui, est resté.
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